l'Espace de discussion 💬

Espace de rĂ©flexion et d’échange sur une vie sans enfant

Le thĂšme du mois 💬 : comment savoir quand s’arrĂȘter ?

Comme je vous en faisais part rĂ©cemment, je vous propose dorĂ©navant d’aborder un thĂšme par mois pour laisser le temps Ă  chacun de participer et de rĂ©flĂ©chir Ă  l’élaboration des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse.

En ce mois de juin, je vous invite à réfléchir à la question de sa propre limite.

Cette question m’a taraudĂ© dĂšs l’ouverture de ce blog et j’ai Ă©cris plusieurs posts Ă  ce sujet que je vous ferai partager au cours de ce mois pour Ă©tayer la discussion.

Comment avez-vous su que votre limite Ă©tait atteinte et
ne pas avoir eu recours à des procédures du type GPA ?
ou poursuivre les FIVDO ?

 

Par ici pour vos contributions !

12 thoughts on “Le thĂšme du mois 💬 : comment savoir quand s’arrĂȘter ?

  1. en ce qui me concerne, je n’ai pas l’impression d’avoir choisi d’arrĂȘter de maniĂšre vraiment consciente…Ă  un moment donnĂ©, c’est devenu Ă©vident, et mĂȘme vital,pour mon Ă©quilibre psychique notament, de tout stopper. Cela s’est fait brutalement comme une « rĂ©vĂ©lation » sans tomber dans le mysticisme!!!
    il n’y a pas eu de concertation avec mon ami mais quand il a compris ma dĂ©cision, j’ai vu son immense soulagement. En fait je crois qu’on avait Ă©tĂ© au bout de nos limites, et qu’on les avait certainement dĂ©passĂ©es, emportĂ©s par le tourbillon du processus. On sentait qu’on avait perdu pied et la dĂ©cision d’arrĂȘter nous faisait reprendre notre vie en mains.
    Il me tarde de lire les autres commentaires car je suis trÚs curieuse de connaitre les différents vécus d ece moment là de chacun/chacune!!

  2. C’est bien la question que je me pose en ce moment. DerniĂšre FIV (n°3) en novembre 2014, je pensais repartir pour la n°4 au printemps 2015. Et depuis, rien. Je me suis lancĂ©e dans un nouveau projet professionnel, crĂ©ation de ma propre activitĂ© aprĂšs une reconversion. Cela m’a bien occupĂ©e, la FIV 4 est toujours restĂ©e dans un coin de ma tĂȘte mais je repoussais sans cesse, l’envie n’était pas lĂ . J’ai eu 40 ans en avril, je me dis que c’est maintenant ou jamais. Maintenant, ça veut dire en juillet dernier dĂ©lai. Mais l’envie n’est toujours pas lĂ . Pas envie d’appeler la gynĂ©co pour lui dire que c’est reparti. Peur qu’un nouvel Ă©chec Ă©gratigne vraimen mon couple (ça avait Ă©tĂ© difficile aprĂšs l’échec de la FIV 3). En mĂȘme temps, j’ai peur de regretter plus tard, si je ne tente pas cette derniĂšre chance
 Je me fais accompagner en ce moment pour travailler Ă  cette prise de dĂ©cision. Je sens que le travail de deuil est en court, mais pas sĂ»re que cela soit identique pour mon mari. Bref, ça me travaille

    Contente que le sujet soit Ă©voquĂ©, je suis curieuse de lire d’autres tĂ©moignages.
    Et merci encore pour ce blog et ces articles, cela fait du bien de voir qu’on n’est pas seule!

    1. J’espĂšre Myriam que tu trouveras ici des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse pour t’aider Ă  prendre la dĂ©cision qui sera la plus juste pour toi. Concernant le couple nous avons vĂ©cu en dĂ©calage ce deuil Ă  faire car mon mari pensait que le renoncement et les tentatives pouvaient se vivre simultanĂ©ment alors que pour ma part l’implication physique et morale que les tentatives reprĂ©sentaient m’Ă©puisaient d’autant qu’Ă  cela s’est cumulĂ© les fausses couches. Le conseil que je peux te donner c’est de faire confiance Ă  ton ressenti et prendre le temps de vous retrouver. Une pause peut-ĂȘtre nĂ©cessaire sans ĂȘtre un renoncement dĂ©finitif car parfois la culpabilitĂ© et les regrets empĂȘchent d’y voir clair donc n’hĂ©site pas Ă  te faire aider.

  3. Comment savoir quand s’arrĂȘter… ahhh! s »il existait un simple mode d’emploi Ă  appliquer sans avoir Ă  se poser de questions! Eh ben non, ce serait trop facile, et on n’apprendrait finalement pas grand-chose sur soi-mĂȘme!
    Je crois pour ma part qu’Ă  partir du moment oĂč on se pose la question, c’est qu’on a connait la rĂ©ponse. Encore faut-il s’autoriser Ă  l’Ă©couter, Ă  l’accepter, et Ă  « mettre en Ɠuvre »…
    ConcrĂštement, j’ai su que mes limites Ă©taient atteintes lorsque j’ai commencĂ© Ă  perdre vraiment les pĂ©dales suite Ă  l’Ă©chec de la tentative FIV-ICSI2. Il faut savoir qu’on avait dĂ©marrĂ© direct sur de la FIV-ICSI vu mon age « avancé » – ce qui m’avait dĂ©stabilisĂ© d’entrĂ©e de jeu, parce que j’avais l’impression d’emblĂ©e qu’on attaquait par les protocoles de la derniĂšre chance. Donc je vivais la PMA comme une urgence, un truc ultime Ă  ne pas « rater ». AprĂšs FIV-ICSI1 et un replacement double sans grossesse, puis une FIV-ICSI2 sans replacement (blasto J+5 « insuffisants », et zĂ©ro congelĂ©s), l’impact Ă©motionnel Ă©tait Ă©norme, ingĂ©rable, et complĂštement disproportionnĂ© – je crois que les traitements Ă©taient aussi pour beaucoup dans ces ressentis extrĂȘmes, vraiment j’ai dĂ©couvert des choses effroyables, abominables, et notamment cette violence terrible envers les autres comme vis-Ă -vis de moi-mĂȘme… Bref c’Ă©tait Ă  ce point quand je me suis clairement entendu affirmer que si on n’arrĂȘtait pas tout, ça allait vraiment trĂšs trĂšs mal finir cette histoire (et aprĂšs un geste improbable et hors de contrĂŽle, au final heureusement sans grave consĂ©quence, mais franchement pas loin de franchir la ligne)… On aurait pu se dire simplement de faire une pause, puis reprendre la suite lĂ  oĂč on l’avait laissĂ©e. On se l’est dit pour la forme mais chacun de nous savait trĂšs bien que c’Ă©tait une dĂ©cision dĂ©finitive. Par ailleurs, quand quelques rares proches me demandaient oĂč nous en Ă©tions, inexistantes Ă©taient les rĂ©actions « soutenantes » quant Ă  l’Ă©vocation du choix d’un arrĂȘt total des hostilitĂ©s: non, ni les mauvais rĂ©sultats, ni mon age que je proclamais trop avancĂ© (ma mĂšre m’a eu trĂšs jeune, devenir mĂšre pour moi aprĂšs 35 ans tenait dĂ©jĂ  -mais inconsciemment encore!- du non-sens), ni les souffrances physiques et psychologiques que j’Ă©voquais n’Ă©taient entendues; au contraire on me poussait plutĂŽt Ă  remonter bien vite en selle, en me fourguant les coordonnĂ©es d’une telle qui avait suivi tel protocole, ou cette autre telle qui Ă©tait suivie par telle Ă©quipe, ou bien Ă  m’inviter Ă  engager une demande d’agrĂ©ment pour adoption… bref Ă©norme pression Ă  nouveau. Et c’est lĂ , en constatant l’acharnement des autres Ă  ce que je fasse un enfant que j’ai pris totalement conscience de l’impĂ©ratif d’arrĂȘter, presque comme une Ă©vidence. J’ai enfin osĂ© reconnaitre pour moi-meme, que je n’Ă©tais pas prete Ă  tout pour etr

  4. heu! ça a buggé.. ici la suite !)

    pas prĂȘte Ă  tout pour ĂȘtre mĂšre! Puisque la FIV-ICSI montrait dĂ©jĂ  ses limites, il y avait fort Ă  parier que la suite nous aurait fait aborder l’Ă©ventualitĂ© soit de FIVDO soit de la GPA…et pour nous deux, idĂ©ologiquement, ce n’Ă©tait dĂ©jĂ  plus faire un enfant de nous deux, et de seulement nous deux. Et c’est lĂ  notre seconde limite, puisque notre projet de couple pour un enfant tenait Ă  cette condition que ce soit totalement un enfant issu de nos cellules et nos cellules seulement. Hors course aussi l’adoption dans ce cadre-lĂ  du moins. (et lĂ  je m’arrĂȘte avant de dĂ©border du sujet du mois et d’ Ă©largir au thĂšme « renoncer Ă  la parentalitĂ© »)
    Bref en rĂ©sumĂ©, j’ai su que mes limites qui Ă©taient de trois ordres, Ă©taient atteintes:
    d’une part physiquement : effets secondaires des traitements, douleurs diverses et variĂ©es),
    d’autre part en mesurant aussi l’ampleur de l’impact psychologique : idem/traitements + dĂ©tresse morale on va dire,
    et enfin la prise de conscience de l’Ă©norme dĂ©calage entre nos attentes, la rĂ©alitĂ© de la PMA, et les reprĂ©sentations figĂ©es des tiers (on va parler de la pression sociale pour faire court).
    Par ailleurs, j’avoue aujourd’hui qu’une petite voie m’a toujours murmurĂ© que je ne serais pas mĂšre, du moins via mon corps. Quand je dis toujours, c’est vraiment toujours, et j’ai aussi toujours refusĂ© d’Ă©couter cette petite voix…ça pourra peut-ĂȘtre paraitre Ă  certain(e)s un peu « Ă©sotĂ©rique » mais je m’en fiche! Si j’avais pris soin d’Ă©couter cette petite voix plus tĂŽt, je me serais Ă©pargnĂ© bien des dĂ©convenues et des souffrances, peut-ĂȘtre mĂȘme serais-je dĂ©jĂ  mĂšre par adoption… mais alors il est vraisemblable que je ne serais pas avec l’homme avec qui j’ai vĂ©cu tout ça, que je ne me connaitrais pas de la façon dont je me connais maintenant…peut-ĂȘtre pas aussi consciente de plein de choses pour lesquelles beaucoup de personnes manquent encore de clairvoyance…mais ça, c’est encore un autre sujet!

  5. euh c’est encore moi…. (c’est un sketch je crois…) en fait c’est Ă  la fiv icsi3 la fin des haricots (fiv1 avec replacement double et zero grossesse, fiv2 avec replacement toujours sans grossesse et fiv 3 sans replacement car les blasto poussĂ©s Ă  J5 n’ont pas tenu le coup… et moi non plus ahah!! enfin bref, tu peux modifier les commentaires pour tout grouper ou publier les 3 Ă  la suite comme tu prĂ©fĂšres….j’ai prĂ©fĂ©rĂ© laisser tout en petits morceaux, c’est frais, ça fait un peu salade de fruits, c’est bien de saison! (et surtout sinon je n’Ă©crivais encore rien cette fois alors que je trouve ton initiative extra mais chaque fois j’Ă©cris et puis ça me plait pas et puis j’annule tout en derniĂšre minute… soupir, bref, c’est moi quoi) Plein des bises Ă  toutes celles et tous ceux qui passent par ici, simples lecteurs/trices ou participant/es! Arvi’ po!

    1. Merci Kae pour tes diffĂ©rentes remarques que je trouve intĂ©ressante car tu soulignes le fait qu’Ă  partir du moment oĂč on se pose la question il faut pouvoir oser se questionner et aller peut-ĂȘtre plus loin pour trouver des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse. Je te rejoins aussi sur cette fameuse pression sociale qui empĂȘche parfois d’Ă©couter cette fameuse petite voix intĂ©rieure. Merci pour tes contributions, bises

  6. bonjour Ă  toutes
    mon parcours est le suivant
    moi 42 ans ,une fille 14 ans, lui 48 ans 0 enfant
    Entre 2014 et décembre 2016:
    3 IAC et 2 FIV 0 embryons
    3Úme fiv 1 embryon mais résultat négatif
    4Ăšme FIV Don d’ovocytes en Espagne: 14/11/2016: transfert de deux blastocyste rĂ©sultat positif le 25/11/16 mais grosses pertes de sang
    donc urgences: Ă©cho prĂ©coce le 3/12/16 vision d’un sac gestationnel
    le 10/12/16: Ă©cho aux urgences un embryon et un coeur qui bat
    le 12/12/16: il n’y a plus rien. tout est TERMINE

    je voudrais vous faire partager ce texte, cette histoire que j’ai trouvĂ© et que j’ai totalement adoptĂ© car elle EST mon histoire et celle de mon couple. J’ai adaptĂ© des passages en fonction de mon histoire propre.

    voici ci aprĂšs le texte en question

    «C’est une histoire trĂšs banale de temps qui passe. Nous nous sommes rencontrĂ©s tard, nous nous sommes aimĂ©s alors que mon horloge biologique battait dĂ©jĂ  les coups de la quarantaine. TrĂšs vite, nous avons eu envie d’un enfant, parce que nous savions que les annĂ©es nous Ă©taient comptĂ©es. Les examens Ă©taient rassurants, les mĂ©decins confiants. Vinrent alors, successivement, les stimulations hormonales, les insĂ©minations artificielles, les FIV. Un chemin douloureux, avec sa succession de deuils. D’abord celui, mensuel, de l’arrivĂ©e des rĂšgles. Puis celui de pouvoir concevoir normalement. Enfin, celui d’ĂȘtre capable de donner la vie. Et, fidĂšles compagnes des deuils, suivirent la colĂšre – devant l’injustice : pourquoi les autres et pas nous ? – et la culpabilitĂ©, cette petite voix qui nous murmurait Ă  l’oreille : es-tu absolument certaine de vouloir un enfant ?
    Un couple Ă  l’Ă©preuve
    À toutes ces rĂ©voltes, nous avons essayĂ© de trouver des rĂ©ponses diffĂ©rentes. Chacun d’entre nous est allĂ© dĂ©crypter son dĂ©sir d’enfant chez un psy. Nous avons testĂ© l’énergĂ©tique, les huiles essentielles, l’hypnose, l’homĂ©opathie
 Nous avons sondĂ© notre inconscient, torturĂ© notre arbre gĂ©nĂ©alogique pour y trouver l’origine du traumatisme, ouvert nos chakras, Ă©coutĂ© avec bienveillance ceux qui nous disaient : “LĂąchez prise”, comme si c’était possible
 Rien n’est venu. Nous ne trouvions aucune rĂ©ponse Ă  la question : “Pourquoi ça ne marche pas ?” Ces chemins pas drĂŽles, nous avons rĂ©ussi Ă  les parcourir Ă  deux, sans nous lĂącher la main. Bien sĂ»r, pas toujours en phase et pas toujours dans l’harmonie. Mon conjoint se sentait souvent seul, comme un simple “pourvoyeur de sperme”. Moi, le corps malmenĂ© par des injections massives d’hormones, je subissais des rĂ©actions Ă©motionnelles qui me donnaient l’impression d’ĂȘtre sur les montagnes russes. Il nous a fallu mettre beaucoup de mots sur ces malaises pour les dissiper.
    ArrĂȘter d’essayer
    Et puis, au bout de trois ans, il y eu le jour de trop. Un Ă©niĂšme espoir déçu, une douloureuse fausse couche aprĂšs un parcours de don d’ovocytes
 et, cette fois-lĂ , le dĂ©couragement l’a emportĂ© sur la tristesse. Notre rĂ©action n’a plus Ă©tĂ© : “C’est ratĂ©, nous recommencerons”, mais : “PitiĂ©, nous ne voulons plus recommencer.” Ce stade-lĂ  atteint, nous avons compris que nous Ă©tions passĂ©s du dĂ©sir au combat. Une lutte contre le sort, contre la nature, contre nous-mĂȘmes. Depuis combien de mois n’avions-nous pas Ă©coutĂ© nos vĂ©ritables envies ? Celles de cesser de compter les jours ; celles de faire l’amour sans obligation; celle d’ĂȘtre libres de parler d’un futur sans se demander si un enfant en serait ou pas
 À nos proches, nous avons simplement dit : “C’est fini, on arrĂȘte.” Il nous a fallu affronter les prĂ©dictions – “Tu vas voir, maintenant que tu as renoncĂ©, ça va venir” – auxquelles on ne peut s’empĂȘcher de croire, et les Ă©vidences culpabilisantes : “Il y a plein d’enfants malheureux Ă  adopter.” Non, nous n’adopterons pas. Pour plein de bonnes raisons qui nous sont propres et que des bien intentionnĂ©s, armĂ©s de leurs beaux enfants biologiques, n’hĂ©siteront pas Ă  taxer d’égoĂŻsme. Et parce que nous refusons d’échanger une lutte contre une autre.
    Un couple toujours solide
    À nos yeux, accepter de ne pas avoir d’enfant, c’est accepter la mort totale, celle sans descendance. Accepter que “toi plus moi Ă©gale rien”, comme “un plus un Ă©gale zĂ©ro”. Accepter que de ce bel amour, rien ne survive aprĂšs nous. Accepter, quand l’un des deux partira, que le survivant se retrouve seul. Ne pas avoir d’enfant, c’est devoir se poser toutes les questions d’une autre fĂ©conditĂ©. Personnelle : c’est quoi, ĂȘtre une femme sans enfant de l’homme qu’elle aime? C’est quoi, ĂȘtre un homme qui n’a pas su faire un enfant Ă  celle qu’il aime ? Et conjugale : quel est le sens de notre histoire ? Quel pari que de devoir trouver un “faire” qui ne soit pas “faire un enfant” ! En y rĂ©flĂ©chissant, nous avons pris conscience de nos chances. Celle que la science ait pu nous aider Ă  aller au bout de ce que nous pouvions espĂ©rer. Celle qui fait que nos regrets ne se transformeront pas en remords. Celle que notre couple ait conservĂ© sa tendresse, son humour et sa lĂ©gĂšretĂ©, dans la lutte comme dans la dĂ©faite. Aujourd’hui, nous nous aimons mieux que jamais. Mais restera toujours la douleur enfouie au plus profond de soi dans un puits de pleurs.»

    OUI la PMA n’Ă©tait dĂ©jĂ  pas au dĂ©part ce qu’on espĂšre mais elle offre une chance, chance qui ne s’est pas soldĂ©e par une issue heureuse pour nous.
    nous avons mené un douloureux et difficile combat
    et pour nous est arrivĂ© un moment oĂč il a fallut se retirer, faire le choix de LA VIE, la vie du couple
    je ne dis pas que faire un deuil, passer Ă  autre chose est simple et dans tous les cas cela ne se fait pas sur un coup de baguette magique
    c’est une construction, longue, douloureuse avec des retours arriĂšres mais cela chemine. c’est aussi un autre combat.

    je n’ai pas Ă  me plaindre, j’ai eu la chance, dans mon autre vie, d’avoir donnĂ© la vie.VoilĂ  j’ai une fille d’une autre union et pour mon mari il ne restera rien de nous une fois que je serai partie, et inversement, sauf les souvenirs.
    c’est aussi quelqu’un de merveilleux, un super beau papa que ma fille adore car il rĂ©pare tellement de choses de l’absence et disons le de l’irresponsabilitĂ© de son propre pĂšre
    on imagine alors quel pĂšre merveilleux mon mari aurait fait

    le deuil continue de se faire, pour ma vie actuelle, de ne pouvoir fonder une famille avec mon mari, un homme merveilleux dont on ne peut que voir au quotidien quel pĂšre il aurait pu ĂȘtre et c’est en cela que c’est difficile: ne plus voir le pĂšre potentiel mais le mari pour toujours, et par extension, uniquement notre couple pour la vie.

    oui c’est une douleur, oui ce n’est pas super joyeux de penser et vivre tout cela mais c’est la vie, c’est notre vie et il faut faire avec
    le plus grand courage c’est d’accepter d’arrĂȘter ce parcours et de faire le choix du couple, le choix de l’amour et d’abandonner le rĂȘve de la famille
    et quand le choix est fait on peut dire que nous avons transcendĂ© notre choix de vie. Pour d’aucun cela signe un abandon mais pas pour nous.
    aujourd’hui je me recentre sur l’essentiel de ma vie et ce qui me pĂšse, les gens qui me gavent, je ne les subie plus, mĂȘme par pure convention social
    j’ai trop subi leurs remarques, leurs  » je sais tout », leur hypocrisie compatissante, leur jugement Ă  l’emporte piĂšce.
    ma souffrance je la garde, je la gĂšre comme je veux et leurs petites histoires de vie plus ou moins heureuse ne m’intĂ©resse pas

    je vis ma vie, je vis mon histoire et seul cela compte
    il arrive un moment oĂč la douleur est tellement intense qu’on ne parle plus, qu’on ne se plaint plus car on n’a plus la force
    mais on avance, par amour et parce que l’ĂȘtre aimĂ© est Ă  nos cĂŽtĂ©s et seul cela compte Ă  prĂ©sent
    chacun chemine à sa façon, selon son parcours de vie
    c’est pour cela que les conseils ne s’appliquent pas de la mĂȘme façon pour toutes
    sauf celui ci: savoir s’Ă©couter, Ă©couter son corps et son moi le plus profond et surtout ne pas se maltraiter, avoir de la compassion pour soi mĂȘme, ne pas ĂȘtre dure avec soi, ne pas culpabiliser ou s’en vouloir
    ĂȘtre bonne avec soi
    c’est cela se recentrer sur soi mais cela demande du temps et c’est aussi accepter de prendre ce temps indispensable
    pour certaines cela prendra beaucoup de temps, pour d’autres moins car nous sommes toutes UNE donc diffĂ©rentes
    il faut aussi se faire confiance, confiance en son moi profond
    et quand c’est difficile, demander de l’aide extĂ©rieure
    moi je vois une masseuse shiatsu qui m’aide Ă  rĂ©parer mon corps maltraitĂ© par ces 3 annĂ©es de traitement
    elle m’avait aussi aidĂ© durant le traitement pour supporter les produits
    je n’avais plus envie de voir un psy car je n’ai plus envie de parler mais j’ai besoin de retrouver les sensations de mon corps, de retrouver une harmonie interne et une paix intĂ©rieure
    Mais ça c’est ce qui me correspond et j’ai mis du temps Ă  trouver ce qui me ferait du bien
    plein de courage Ă  toutes et tous (n’oublions pas nos hommes qui en majoritĂ© y laisse aussi des plumes)

    1. Merci pour votre tĂ©moignage qui est intĂ©ressant puisque votre deuil est celui d’avoir un enfant avec votre conjoint actuel bien que vous ayez dĂ©jĂ  eu un enfant d’une autre union. Le couple est vraiment la clĂ© de ce parcours Ă©reintant : nous aimons nous assez pour pouvoir vivre sans enfant ?
      Merci de souligner l’importance aussi du vĂ©cu masculin qui d’ailleurs est un de nos prochains thĂšme de discussion !
      Bien Ă  vous

      Le texte en question que vous citez j’en avais parlĂ© ici :
      http://www.artemiseauratoutessaye.fr/nous-avons-renonce-avoir-enfant/ et ici :
      http://www.artemiseauratoutessaye.fr/choisir-cest-renoncer%e2%80%89/ 😉

    2. Merci pour ce beau témoignage, trÚs touchant pour moi, car je me reconnais, je reconnais mon parcours, notre parcours de couple, dans certaines de vos expériences, décisions et réactions.

      1. merci Myriam pour votre rĂ©ponse. Ecrire mon histoire a Ă©tĂ© aidant pour Ă©vacuer un trop plein de tout ce parcours, un trop plein d’amour Ă  donner mais pas d’enfant pour le recevoir, un trop plein de tristesse, un trop plein de tout. Courage Ă  vous

Laisser un commentaire

error:
%d blogueurs aiment cette page :