Sep 14, 2016 - Deuil de la maternité    18 Comments

Rentrée sur les chapeaux de roues : ma part d’enfance

Depuis 15 jours, le travail a repris avec l’absence toujours de mon binôme, je développe donc le don d’ubiquité pour être à 2 endroits à la fois. Par chance, nous avions terminé de poncer et de peindre nos 56 lattis bois pour le bardage de la terrasse.

lattis

Nous avons du coup pu nous atteler à un autre dossier en attente mais qui nous posait sacrément problème : les joies de la canalisation. Par conséquent notre allée de 40m ressemble aux tranchées de Verdun et je déambule sur des planches qui ne sont pas aussi praticables que celles de Deauville !

Tranchée       Planches

Entre le boulot, le chantier, ce n’est pas évident de s’y retrouver et comme tout arrive en même temps, c’est aussi le vidage et le déménagement de ma maison d’enfance. 40 années de vie familiale, de quoi raviver des souvenirs et se confronter à un deuil que je n’avais pas imaginé, celui de mon enfance.

ancien-moi

Retrouver mes cahiers, mes rêves, mes espoirs de petite fille puis d’adolescente.
Retrouver les affaires de bébé que ma mère avait gardé pour les futures générations puis celles que ma grande sœur mettait de côté pour nous pour l’heureux événement tant attendu. Cela pince le cœur mais étonnamment ce n’est plus le torrent de larmes que j’imaginais, je me familiarise petit à petit avec la perspective de ne pas avoir d’enfants même si mon corps s’amuse à me jouer des tours avec la pré-ménopause.

Je réalise que de pouvoir dire au revoir à l’enfant que j’étais pleine d’espoir et d’illusions me permet d’accueillir celle que je suis aujourd’hui. Je prends conscience de l’adulte que je suis devenue à cause ou plutôt devrais-je dire grâce à ce combat.

Je suis heureuse de pouvoir découvrir celle que je suis et non celle que j’aurais aimé être.

18 Comments

  • Les larmes aux yeux… Je suis contente de connaître celle que tu es aujourd’hui. Je t’embrasse bien fort ma douce Artemise.

  • Les larmes aux yeux aussi…
    Une tonne de pensées et de grosses Bises

  • Les larmes aux yeux… ta dernière phrase… Je t’embrasse fort Artemise.

  • Bon ben, j’en rajoute un peu… ça tombe bien, j’avais les yeux un peu secs aujourd’hui.
    J’admire ta force et ta sagesse.
    Bisous

    • Je ne suis plus en lutte du coup je peux enfin être en paix avec celle que je suis et celle que j’espérais être ❤ je t’embrasse

  • Le coeur serré en te lisant mais admirative aussi de ta sagesse. Pfiou ! Tu ne chômes pas toi en ce moment !

    • Et non la retraite ce n’est pas pour tout de suite 😉 bises Plume

  • Qu’il est touchant cet article.. <3

    • Tout comme l’article sur l’arrivée de Chispa qui m’a tiré les larmes…

  • Tu m’as mis les larmes aux yeux… Ton article est très touchant.
    Bisous.

  • Il est beau ton billet Artémise… Comme tout le monde il m’a beaucoup émue. Je suis heureuse de te sentir en paix et je t’embrasse…

  • Je suis en paix peut-être enfin avec mon passé, car je me dis qu’être en paix avec ce désir de maternité est sûrement le chemin de toute une vie. Je t’embrasse

  • Que de chemin parcouru Artémise.
    Tu sais, j’ai toujours en tête ton article avec l’image de la maison en chantier du dessin animé là-haut où tu avais tellement mal. Que je suis heureuse aujourd’hui de lire ton apaisement face à toute la souffrance que tu as subie, toutes les épreuves que tu (vous) as endurées.
    Tu y arrives Artémise, à retrouver foi en la vie, à avoir de l’espoir et cela me fait tellement plaisir !
    Tu peux être fière de l’adulte que tu es devenue.
    Je t’embrasse très fort !

    • Tu parles sûrement de ce post : http://artemiseauratoutessaye.fr/en-construction/
      En effet depuis janvier 2015, le chantier a pris forme au sens propre comme au figuré aussi bien extérieurement qu’intérieurement.
      L’apaisement est très complexe et je pense que c’est sûrement le travail de toute une vie mais je crois surtout que j’essaye d’être en paix avec moi-même avec celle qui espérait tant avoir des enfants et qui aujourd’hui se résigne et essaye de se projeter sans (même si ce n’est pas facile). Merci de ta présence dans mon grand chantier, je t’embrasse fort

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