Mar 3, 2016 - Endométriose    29 Comments

Pré-ménopause, endométriose… Sacré cocktail !

J’espérais être tranquille avec la pré-ménopause et ces symptômes déjà très séduisants mais ce n’est pas sans compter sur l’endométriose et ces résidus qui sont de la partie.

La logique laisserait penser qu’avec la ménopause, l’endométriose est en pause mais malheureusement ce n’est pas si simple car si les lésions sont toujours présentes et qu’elles n’ont pas été traitées, il n’en est rien.

« L’aménorrhée (arrêt des règles) liée à la ménopause va empêcher les règles, donc va empêcher que la maladie évolue et une partie des lésions vont s’atrophier. Mais si elles sont présentes, elles continueront à générer de la douleur. Toutes celles qui n’ont plus de cellules d’endomètre fraîches vont continuer à générer des douleurs, de façon un peu surprenante.  »

Dr Isabella Chanavaz-Lacheray, gynécologue obstétricien

J’en ai fais l’amère constat après avoir tergiversé quelque peu car mes règles, même si elles sont toujours présentes, se décalent de plus en plus et se raccourcissent. Devant leur déclin, je m’imaginais être plus tranquille face à la maladie d’autant que les douleurs n’apparaissaient pas uniquement au moment de la menstruation mais à différents moments du cycle. Je ressentais une gêne constante, le ventre était tellement tendu et gonflé (ce que j’avais déjà ressenti lors de mes protocoles en RT) que cela pouvait m’empêcher de dormir et parfois de marcher. J’ai donc été amené dans un premier temps à consulter mon généraliste puis mon gastroentérologue. J’ai fais les examens, pris les fameux sachets et toute la panoplie pour dégonfler mais j’avais encore plus de désagréments liés au traitement.

Ne supportant plus de dépendre encore une fois des médicaments, je suis donc passée aux plantes et me suis contentée de la situation jusqu’à ce que ma complice d’endo-kriek, à qui je racontais mes dérives, m’encourage à aller voir son spécialiste d’endométriose. Par un simple toucher, il a pu diagnostiquer le nodule endométriosique qui me gêne quand je marche ou lorsque je m’assois. Une opération est possible mais pas sans risque, du coup devant ma réticence, il me propose de tester dans un premier temps le traitement médical PROGESTATIF auquel j’étais déjà abonné au tout début de parcours.

J’ai l’étrange impression de revenir en arrière car même si je sais qu’aujourd’hui mon atteinte est bien différente : mon endométriose ne se loge plus dans les ovaires, ma fertilité est inexistante et il n’y a plus d’espoir de grossesse. Malgré tout cela, je suis encore suspendue à ces fameuses règles. Même si elles s’espacent, elles me conditionnent encore dans ce yoyo féminin où inconsciemment il y a ce fameux « et si… » qui vient me narguer alors que mes retards de règles sont pertinemment liés à mon entrée dans la ménopause.

Je redoute de reprendre ce traitement en continu, j’aimerais tellement en avoir fini avec tout ce qui est médication comme je supporte de moins en moins tous ces effets indésirables. Le plus triste dans tout cela c’est que j’ai surtout l’impression de fermer la porte à tout espoir de maternité,  comme si mon corps pouvait être (encore) capable de vivre une grossesse. Ma volonté d’avancer vers une vie sans enfant est difficile, soumise à mon inconscient qui lui n’a pas encore totalement renoncé…

29 Comments

  • Oh Artémise je te comprends si bien … J’écris mon commentaire avec un coussin chauffant sur le ventre pour soulager un tant soit peu la douleur de mes règles. J’ai l’ordonnance pour le stérilet qui me nargue. D’un côté j’aimerais être débarrassée des douloureuses, ne plus avoir les seins qui me font mal pendant 15 jours, les maux de tête et cie (je sais que c’est peu par rapport à la plaie de l’endométriose…) mais de l’autre difficile de bloquer soi-même toute éventualité d’un miracle … Dieu que ce chemin est fait de hauts et de bas… Bises

    • Il existe des traitements pour les douleurs justement pendant les 15 jours, est-ce que le stérilet enlèvera forcément ces douleurs ? Ce chemin est difficile et cela me questionne jusqu’où je suis prête à avoir mal pour cet enfant qui ne viendra pas… Bises de soutien

  • C’est tellement difficile… j’étais train d’écrire un article sur ma ménopause lorsque j’ai vu ton article… et je ne souffre pas d’endométriose. Le traitement sous progestatif peut annuler/atténuer la douleur ?
    Je t’envoie plein de courage ma belle. Gros gros bisous

    • L’objectif est justement que le traitement par progestatif assèche et résorbe le nodule, donc on verra bien car lors de mes kystes aux ovaires cela n’avait pas été efficace mais à cette époque j’étais jeune et pleine d’espoir 😉 bises

      • J’espère fort que le traitement sera efficace et annulera toutes ces douleurs tellement difficiles à supporter. Plein de courage.
        Très belle journée. Grosses bises

  • Ce terrible « et si… », cruel et sournois…
    En ce qui me concerne, ne plus espérer a été quelque part un soulagement, et m’a permis d’avancer même si ça reste difficile. Et ne plus vivre dans redouter les douleurs, ça c’est un luxe dont je ne peux plus me passer…

    Je t’embrasse fort fort ma grande copine, ce n’est pas facile tout ça…

    • Je pensais justement à toi, à tes mots et de mon côté je ressens que je me force à prendre ce médicament pour forcer ma tête à décrocher des règles de cette quête sans espoir car à être habituée à la douleur fait malheureusement partie des habitudes (des mauvaises)…

      Plein de bises ma douce complice

  • (Ne plus vivre en redoutant les douleurs…)

  • Ce fameux « Et si ? » est si dur à gérer. Même si c’est impossible on ne s’empêcher d’y croire parce que le corps fonctionne encore un peu. Le chemin est long, car tout ce qui t’entoure te rappelle que tu empruntes un chemin différent qui est malheureusement tabou et dont peu de personnes prennent cas.
    Je comprends ton envie d’être enfin en paix, de pouvoir mener ta vie comme tu l’entends. Mais il y a cette foutue endo à soulager et ce n’est pas simple du tout. J’espère fort pour toi que ce traitement fera effet et surtout sans trop d’effets secondaires.
    C’est une autre étape sur ton chemin et j’espère de tout cœur que tu la vivras le plus sereinement possible. Et on sera là pour t’accompagner.
    De gros bisous de soutien.

    • Merci pour tes mots et oui j’ai du mal encore à gérer les nouveaux paramètres quand le corps me surprend encore à fonctionner malgré la maladie. Prendre le traitement est peut-être aussi le moyen de boucler la boucle pour clôturer définitivement cette quête sans fin et peut-être un pas de plus vers l’acceptation. Plein de bises ma mouchette

  • J’ai un progestatif en continu pour calmer l’endométriose. Ça semble fonctionner sur ce point (mais avec des effets secondaires c’est vrai que je ne détaillerais pas ici ;-(

    • J’en ai pris à plusieurs reprises donc malheureusement je connais déjà les effets secondaires mais bon on verra bien car aujourd’hui mon corps n’est plus tout à fait le même, bises

  • Quelle saloperie que cette maladie…

    • Et elle ne s’arrête pas si simplement avec la fin des règles…

  • Puis je te demander quel est le risque lié à l opération? Depuis mon opération il y a un an et demi je souffre moins mais quid de l avenir… Je ne comprends que mieux cette double punition. J ai encore l espoir d avoir un enfant mais depuis que je suis arrivée au don, j ai la haine de 30 ans de douleurs mensuelles pour rien. Tu vois, je remonte bien plus loin que toi qui semble surtout te débattre avec ton présent. Je ne sais pas quoi te dire si ce n est courage, tu en montres déjà tant et il en faut encore… Bises

    • Le risque pour l’opération est de dépendre d’une sonde urinaire à terme et dans mon cas je me demande si cela en vaut la peine. Ma dernière opération date de 2007 et n’a pas été sans conséquence moins de douleur mais des conséquences dramatiques sur ma vie intime du coup la douleur je la relativise aujourd’hui. Cela me fait prendre conscience jusqu’où j’étais prête à aller et à souffrir pour avoir cet enfant car cela fait beaucoup d’années de douleurs qui étaient plus ou moins supportables mais toujours dans l’espoir d’avoir un enfant… Bises

      • Ca calme (pour le risque, pour le reste aussi). Quelle merde cette maladie. Bien des bises Artémise.

  • Plein de pensées. ♥

  • Mes règles sont tellement longues (7j) et douloureuses que souvent j’ai envie de reprendre la pilule. Mais ce serait fermer volontairement la porte au nez à une erreur de la nature, une grossesse quoi… Que c’est stupide d’y croire encore! Pourtant je ne suis pas prête à faire ce pas.
    Bisous

    • Ce n’est pas stupide mais humain, j’ai beau essayé de me raisonner (car de mon côté c’est sans aucun espoir possible techniquement) et pourtant je suis toujours dans la lutte entre mon corps et ma tête qui n’arrive pas à s’accorder, c’est épuisant alors j’espère que le progestatif en continu va m’aider à avancer… Plein de bises

  • On peut insulter l’endo ? Hmpffff. Des bisous.

    • L’insulter je ne sais pas si ça changera la réalité 😉 Mais en parler oser dire que ça fait mal et que ça craint aussi quand les ovaires ne fonctionnent plus… Bises et merci pour ton soutien

  • Cette satanée maladie ne lâche donc jamais l’affaire, même avec l’arrêt des règles… Je voulais juste te dire que ce que tu ressens et décris si justement résonne en moi, même si nous n’en sommes pas à la même étape du deuil et du renoncement. Je t’embrasse.

  • purée, on le paie cher notre utérus… quelle saleté cette maladie… je ne peux pas m’empêcher de penser que si elle concernait les hommes, la science aurait avancé depuis belle lurette..
    je te comprends tout à fait dans ton envie de ne pas te faire charcuter, j’espère que le traitement te soulagera. Je t’embrasse

    • J’ai surtout peur des conséquences et risques donc je ne suis pas sûre que le jeu en vaut la chandelle.
      J’espère que de ton côté le traitement va être efficace pour que tu puisses enfin respirer. Bises

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