Juin 17, 2017 - L'après PMA sans enfant    6 Comments

Rétrospective sur l’arrêt de la PMA : Comment j’ai su quand m’arrêter ?

Suite au thème de discussion 💬 du mois qui est  :
comment savoir quand s’arrêter ?

Je voulais vous faire partager mon expérience de ces dernières années.

© Sophie Blackall

J’ai avancé au tout début dans ce tunnel de la PMA comme chacun à tâtons en essayant de franchir les étapes les unes après les autres : les stimulations, les inséminations, les FIV et j’essayais d’encaisser les échecs en gardant espoir car je ne pouvais imaginer que cela ne puisse pas aboutir. Je pensais que c’était qu’une question de détermination.

Malgré tout, les ponctions se déroulaient de plus en plus chaotiquement : peu d’ovocytes, ponction blanche. Je voulais tenter le tout pour le tout car j’étais prête à tout pour ce désir d’enfant, prête à souffrir comme s’il fallait mériter cet enfant jusqu’à y laisser ma santé.

En 2012 mon mari a subi une opération cardiaque, j’étais tellement abasourdie avec la peur de le perdre que pour la FIV qui a suivi j’y suis allée dans un tout autre état d’esprit : cet enfant je ne l’imaginais même plus et je pensais arrêter là, la PMA.

Mais contre toute attente un début de grossesse est venu s’y loger et tout espoir m’était alors permis.

Nous nous serions probablement arrêté là si l’histoire avait été différente mais nous nous sommes du coup dirigés vers le don d’Ovocytes qui me semblait être la solution idéale avec ma réserve ovarienne épuisée et avec l’endométriose que j’allais pouvoir éviter de transmettre génétiquement.

J’étais pleine d’illusions avec la FIVDO, j’espérais tellement que la chute fut fatale. Si je n’avais pas été enceinte, je me serais probablement arrêtée bien plus tôt mais pour retrouver ce petit être j’étais là aussi prête à tout, dans le seul but de réanimer la vie qui était en moi.

En décembre 2013, j’étais tellement mal après le transfert que je réalisais que ce désir d’enfant me consumait à petit feu, j’avais l’impression que j’allais en mourir. Il n’y avait plus de place pour autre chose.

J’ai décidé alors de comprendre ce qui se tramait avec un long travail d’introspection que j’avais déjà commencé en analyse 10 ans auparavant. Je me suis confrontée à ce que je considérais jusque là comme inimaginable : cette réalité qui faisait si mal et si peur, celle de cette vie sans enfant.

Nous n’allions peut-être pas y arriver mais était-ce vraiment ça le plus important au final ?

Jusqu’où est-on prête à aller ?

Avec cette nouvelle perspective en tête, nous avons fait une dernière tentative sans aucune pression, voulant profiter de chaque moment tous les 2 et de ce merveilleux pays qu’est la République Tchèque nous nous sommes donc organisés un très beau voyage pour que nos souvenirs restent teintés d’aucun regret.

Nous avons donc décidé de mettre un point final à la PMA à l’issue de ce voyage car la GPA n’était pas envisageable pour nous, nous ne souhaitions pas avoir un enfant à tout prix mais enfin être heureux et nous retrouver après ces 20 années de nos vies liées aux traitements avec l’endométriose et la PMA.

Ne lâchez rien… Lâchez tout !

Le plus important dans tout ça n’était plus d’avoir un enfant mais d’être l’un avec l’autre. Pouvoir renoncer n’est pas une étape facile, oser accepter enfin de lâcher prise sur un projet qui nous a tant tenu en haleine pendant des années devrait être autant valorisé que de persévérer… Mais La PMA nous fait de douter de tout et de nous-mêmes jusqu’à nous faire perdre parfois le sens de cette quête du bonheur vers lequel on tend tous avec ou sans enfants.

Par ici pour vos contributions dans l’espace de discussion !

 

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