International Bereaved Father’s Day, Père en deuil

Aujourd’hui est la journée internationale des pères endeuillés,
Carlymarie et Sam Dudley ont proposé un projet participatif de
court-métrage « A Father’s Heart – Beautifully Broken, Fiercely Strong » en hommage à tous les hommes qui sont confrontés au deuil d’un enfant de n’importe quel âge (y compris les enfants adultes ou en gestation).

 

Le thème de discussion du mois étant le deuil de la paternité, voici également en cette journée spéciale quelques extraits traitant de l’homme face au deuil.


Des besoins différents face au deuil

Chez les deux parents, la souffrance est immense. Ce sont deux deuils qu’il faut porter : le sien, et celui de son partenaire. Mais chacun a sa façon de vivre sa peine. Face à elle, les hommes et les femmes ont d’ailleurs des besoins différents. « La femme va avoir envie de parler encore et encore, analyse Christophe Fauré. Contrairement à l’homme, qui parfois, ne souhaite pas parler beaucoup. Cela ne veut pas dire qu’il ne souffre pas. Mais il va avoir besoin d’être davantage dans l’action et de trouver des solutions… »

Conséquence : une impression de décalage, souvent, entre les deux partenaires. Et le sentiment, parfois, que la réaction de l’autre n’est pas appropriée. « Mon mari et moi n’avancions pas de la même façon, raconte Pascale, qui a perdu son fils de 10 ans, suite à un accident. Il refusait d’en parler, et même de prononcer le prénom d’Alex. Comme échappatoire, il avait son travail… »

Un décalage normal

« Il est insensible », « on dirait que rien ne s’est passé », « elle me tire vers le bas »… Face à des réactions très différentes, les incompréhensions sont fréquentes. Et les sources de conflits, nombreuses. « Une distance s’installe souvent entre les deux parents, explique Christophe Fauré. Ils vont avoir l’impression de s’éloigner l’un de l’autre, d’être chacun dans leur peine, ce qui est le cas. C’est normal. Structurellement, le deuil ramène en soi. Mais cette distance n’est pas le signe d’un désamour. Toute la difficulté, c’est de pouvoir se rejoindre l’un l’autre ». La détresse de l’autre est aussi souvent très dure à supporter. « Je disais à mon mari « je ne vais pas bien, prends moi dans tes bras », se souvient Fabienne. Il me répondait « tu en as déjà assez avec ta douleur, ce n’est pas la peine que je te rajoute la mienne ».

Le rôle particulier des pères

Les pères ont parfois du mal à revendiquer et à exprimer leur peine. Et pour cause, selon Christophe Fauré. « Culturellement, l’homme est pointé comme celui qui va moins souffrir de la mort de l’enfant, ce qui est complètement faux ». Jean-Patrick a perdu sa fille, née sans vie. « L’accompagnement de mon ex-femme a été pris en compte dès le premier jour. Moi, je n’étais que le papa. » Pendant six mois, il « a vécu comme si de rien n’était, tandis que (sa) femme allait mal ». Avant de craquer. « Le père est celui qui doit assurer : on compte sur lui pour s’occuper de la logistique, pour porter tout le monde, ajoute le psychiatre. Mais on oublie parfois que lui aussi a besoin d’être porté, écouté ».

C’est une psychologue qui a aidé Jean-Patrick à « remonter à la surface ». A surmonter cette pudeur, propre à de nombreux hommes. « Grâce à elle, j’ai appris à ne plus rejeter et fuir mes émotions négatives. A pleurer, quand j’avais envie de pleurer, et à verbaliser pourquoi je pleurais ». Aujourd’hui, il pense toujours à sa fille. « J’ai toujours mal, mais ce n’est plus envahissant ».

Faire face à la souffrance de l’autre

Comme les deux partenaires vivent différemment le deuil de leur enfant, leur douleur n’évolue pas de la même façon. Ils ne vont donc pas mal au même moment. Lorsque l’un des deux parvient à se sentir un peu plus serein, l’autre peut être, au même moment, au plus bas. Un décalage là encore dur à vivre. Et qui peut être source d’exaspération – « il/elle va mieux, je suis seul à porter le deuil de mon enfant » -, ou d’impuissance – « je ne peux rien faire pour qu’il/elle aille mieux ».

Pour Christophe Fauré, « quand l’un ne va pas bien, l’autre peut venir à son aide. Et réciproquement. S’il y a un beau lien d’amour, ce soutien mutuel peut être extrêmement puissant ».

Continuer à communiquer

Face à une douleur trop intense, certains préfèrent au contraire s’enfermer dans le silence, dans la solitude, pensant qu’il est préférable que chacun gère sa souffrance. Seul. Mais les non-dits sont, comme souvent, destructeurs. Il y a quarante ans, Stephen a perdu son bébé de 6 mois, suite à un accident. A l’époque, il avait 27 ans, sa femme 26.  « Nous étions très jeunes. Nous n’avons jamais su communiquer réellement autour de la mort de Nicolas. Nous ne prononcions même plus son nom. Nous avons donc radicalement limité nos chances de rester ensemble. » Le couple est aujourd’hui séparé. « La chose la plus essentielle que j’ai compris, c’est qu’on ne peut pas savoir ce qui se passe chez l’autre, ce qu’il/elle ressent, si on ne parle pas ».

D’où l’importance, pour chaque membre du couple, d’exprimer ses besoins. Et de demander parfois à son partenaire où il en est. L’enjeu ? Préserver une bonne communication et continuer malgré tout à avancer ensemble.

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N’hésitez pas à partager vos expériences dans l’espace privé de discussion.

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