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Espace de réflexion et d’échange sur une vie sans enfant

Nouveau regard

Hier, j’ai vu une petite fille se prénommée « Artémise » cela m’a fait un drôle d’effet et m’a renvoyé au deuil auquel j’ai du me confronter ces dernières semaines : le deuil de mon enfance.

Nous étions à ce moment là en pleine tranchée (côté travaux), du coup je me sentais moi-même à cœur ouvert : l’émotion était intense et me submergeait.

Je sais par expérience que dans ces moments là, il ne faut pas lutter. Alors j’ai accepté et accueilli ce trop plein.

J’ai essayé de comprendre d’où provenait cette émotion si forte qui refaisait surface comme un fantôme du passé. Et c’est à moment là que j’ai réalisé que ces angoisses et ces peurs appartenaient à l’enfant que j’étais.

Elles n’ont plus de raison d’exister pour l’adulte que je suis aujourd’hui aussi, j’ai profité du rebouchage des tranchées pour panser mes plaies et reconsidérer la réalité ; ce nouveau regard étant l’occasion de pouvoir oser m’accorder bien plus de bienveillance et d’indulgence après toutes ces années.

Je dois garder confiance dans ce que la vie a à nous offrir même si parfois ce chemin différent (que nous n’avons pas forcément choisi au départ) me fait peur.

Me revient en mémoire la scène d’un film très célèbre qui m’avait beaucoup ému où chaque invité tour à tour va tenter de gagner la dernière part de brownie en osant révéler sa part d’ombre  :

Voici le lien vers la vidéo si cela ne fonctionne pas dans votre navigateur.

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11 thoughts on “Nouveau regard

  1. Whaou, ça brasse tout ça!
    Accepter de devenir adulte, je crois bien que c’est ça qui me bloque pour faire le deuil de la maternité. Je m’étais toujours imaginé qu’un adulte c’était un truc un peu vieux avec un boulot et des enfants. Et que mes parents allaient devenir des grands-parents comme dans les gentils films (des trucs vieux avec la tignasse blanche, des tartes aux fruits, une belle maison de famille).
    J’ai un boulot. Le reste est très éloigné de la réalité. Je ne me sens pas adulte, je n’ai pas terminé mon enfance.
    J’ai cette émotion dont tu parles quand je croise une petite qui porte le même prénom que le mien, et une tristesse immense lorsqu’on me montre des photos de moi entre la naissance et la fin de la maternelle.
    Je devrais me lancer dans des travaux… brasser tout ça, remuer, reboucher, panser les plaies béantes. Mais les remplir de quoi?
    Je n’ai pas pu voir le film mais le script me plait bien. Le concours du pire. Qui qu’a la pire loose? j’ai parfois l’impression d’y participer malgré moi!
    Des bisous, et du respect, à l’adulte que tu es devenue! (sans compter mon indéfectible admiration)

    1. Malheureusement tu sais qu’avoir un enfant n’est pas un gage d’être adulte mais je comprends ce que tu veux dire car sans enfant on a l’impression quelque part d’être « incomplet ». Je sais aujourd’hui qu’il faut du coup redéfinir sa vision des choses c’est bien pour ça que je parle de nouveau regard porté sur soi et sur les autres pour être fier aussi de ce qu’on a pu accomplir et pouvoir se projeter différemment.
      La vidéo ne marche pas toujours car cela dépend de ton navigateur aussi voici le lien pour la voir : http://www.wingclips.com/movie-clips/notting-hill/last-brownie
      Prends bien soin et merci pour ton soutien sans faille

      1. Je suis toujours très touchée par vos façons d’exprimer vos ressentis. Souvent vos mots semblent coller à ce que j’éprouve et cela m’aide à voir aussi plus clair en moi. Merci pour ça! En outre, je trouve très intéressant ce début d’échange avec Deesselinette qui effleure la question, c’est quoi « être adulte » et ça me porte à moult réflexions… Je rejoins Artémise sur cette impression d’être « incomplet ». En effet en ce qui me concerne cet aspect revêt une grande importance parce que je ressens que je n’accomplis pas ma fonction de perpétuation de l’espèce par exemple, et donc de ce fait je me sens marginale. Et je ressens comme la nécessité de prouver au monde – ouh lààààà, deviendrais-je mégalo? 🙂 – que j’ai une légitimité à m’obstiner à exister (bon, pour le moment je cherche encore par quel moyen, ou alors comment m’affranchir de ce besoin. Valse hésitation pour l’instant!). Quant à « être adulte », j’essaye de peaufiner ma propre définition, au-delà de « être pleinement responsable de ces actes et agir afin de ne jamais nuire, du moins délibérément, à son prochain ». Je serais très intéressée de connaitre les définitions des un(e)s et des autres….Prenez grand soin de votre enfant intérieur et continuez votre chemin vers l’adulte qui fleurit en vous

        1. Être adulte est très subjectif je dirai que pour ma part c’est l’acceptation de la réalité telle qu’elle est avec ce qu’elle comporte d’imparfait, être en mesure de prendre ses responsabilités et d’assumer ses actes.
          Je suis ravie de voir que ce post peut susciter autant de réflexions et de questionnements.
          Prends bien soin de toi, je t’embrasse

  2. Bravo à toi d’avoir accepté ce trop plein d’émotions et de l’avoir laissé s’exprimer.
    Cela me fait de la peine tout de même car tu as versé tant de larmes mais nécessaires aussi. Alors je te souhaite de tout cœur que les deuils que tu dois affronter commencent à être derrière toi, que tu puisses t’épanouir sur ton chemin, celui que tu construis jour après jour.
    De gros bisous de réconfort.

    1. Ma belle Mouchette, il y avait des choses que je devais encore régler et comprendre. L’acceptation est un long chemin et petit à petit je chemine et avance même si c’est douloureux. Merci pour ta présence sincère à mes côtés

  3. Ma chère Artémise, j’ai souri en te lisant parce que ce que tu exprimes m’a parlé… Je me demande souvent qu’est-ce que être adulte. Et j’ai l’impression, plus les années défilent, qu’être adulte n’est pas drastiquement différent d’être enfant. Ce n’est qu’un prolongement. Surtout quand on sait qu’en chacun de nous vit encore l’enfant d’hier…
    Personnellement, je ne veux pas faire le deuil de cet enfant intérieur. Faire le deuil consisterait à le faire taire, alors qu’il est une partie de ce que je suis aujourd’hui.
    En revanche, lorsque j’ai suivi ma formation en hypnose, je suis allée à la rencontre de mon enfant intérieur. C’était un vrai beau moment…
    Je n’ai pas fait le deuil. J’ai fait la paix… ☺
    Je te souhaite également du fond du coeur d’être en paix avec la petite Artémise. Tu peux l’aimer sans l’oublier… ❤
    Nous autres adultes d’aujourd’hui, nous sommes tous les enfants d’hier. La seule différence, c’est qu’en chemin, on a perdu notre innocence, pris quelques ridules et que bien plus de responsabilités (professionnelles, financières, humaines…) se sont depuis imposées à nous.
    Je t’embrasse, toi et ton enfant intérieur. 😙

    1. Coucou ma douce Julys,
      Pour ma part il s’agit de dire au revoir à celle que j’étais : celle qui espérait tant avoir des enfants pour mieux accepter celle que je suis aujourd’hui qui essaye de se projeter sans (même si ce n’est pas facile), l’objectif étant en effet d’essayer d’être en paix avec soi-même. Plein de bises

  4. Bonjour Artemise, curieux ce chemin de la non-maternité…Ces derniers temps, moi aussi, je suis un peu retombée sur mon enfance. Je pense que le deuil de la maternité se croise parfois avec celui de la famille idéale qui nous n’avons sans doute pas eu enfant et que l’on aura pas non plus avec nos compagnons. Ce chemin m’a amené à recontacter la mémoire de la petite fille qui j’étais et qui vit encore en moi et en chacun de nous d’après Alice Miller (Le corps ne ment jamais). Ça m’a beaucoup aidé, mais je me demande si c’est le deuil de notre enfance peut se faire sans un contact précédent et doux avec elle. J’ai découvert cet été RETROUVER L’ENFANT EN SOI – JOHN BRADSHAW. Ça décoiffe! Abraço

    1. Bonsoir Daniela,
      Faire le deuil de la maternité demande peut-être en effet de se réconcilier avec sa part d’enfant pour arriver à mieux accepter cette situation.
      Merci pour les références des différents livres, j’avais connaissance de celui d’Alice Miller mais pas celui de John Bradshaw. @ très bientôt

  5. Laisser venir et déborder les larmes, accueillir comme tu le dis si bien. Je crois que c’est le chemin de l’acceptation…
    Je pense que je ne serai jamais vraiment une adulte. Pas parce que je n’ai pas d’enfant, mais parce que ma part d’enfant est encore en moi, pas très loin.
    je t’embrasse

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