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Espace de réflexion et d’échange sur une vie sans enfant

Pourquoi la maternité ne pourra jamais faire mon bonheur | Annette Earl

En ce lundi de Pâques que je vous souhaite aussi agréable que possible,

je voulais avant de relancer prochainement un autre thème dans l’espace de discussion 💬 vous faire partager un article du Huffingtonpost qui m’a beaucoup touché et qui traite du bonheur de la non maternité car pour certaines c’est un vrai choix de ne pas être mère, ce qui n’est pas toujours entendable aux yeux des autres !

Je trouve ses propos très inspirants pour nous qui devons ré-imaginer notre vie sans enfant.

Annette Earl Auteure & blogueuse lifestyle

« Tu changeras d’avis quand tu rencontreras l’homme de ta vie. » Ces mots, je les entends depuis 25 ans. L’intention est peut-être bonne, mais ça n’en demeure pas moins faux. J’ai maintenant 38 ans, j’ai eu la chance de rencontrer « l’homme de ma vie » et devinez quoi? Je ne veux toujours pas d’enfant. La raison en est très simple: être mère me rendrait profondément malheureuse.

Pour beaucoup, ce que je dis tient presque du sacrilège. Après tout, vouloir un enfant est « la chose la plus naturelle au monde ». Du moins, c’est ce qu’on m’a dit. Et c’est vrai pour la majorité des gens, mais que fait-on quand ce n’est pas le cas? Je n’en ai jamais eu envie. Je ne me soucie pas de mon horloge biologique. On a dû oublier d’y mettre des piles quand je suis née.

Seulement, voilà: je suis heureuse d’être une femme sans enfant. Je n’ai même aucun problème avec ça. Ceux qui en ont, ce sont les autres. Ils ont besoin d’essayer de me convaincre que je fais une erreur, que je dois être ramenée sur le droit chemin. Quand on aborde le sujet et que j’ose dire que ça ne fait pas partie de mon programme, j’ai automatiquement droit à l’une de ces réactions:

Réaction 1

Eux: « Tu es encore assez jeune pour changer d’avis. Je connais une femme qui a eu son premier enfant à plus de 40 ans. »

Moi: Euh, OK. Tant mieux pour elle. Mais en quoi ça me concerne? Et pourquoi devrais-je changer d’avis? J’aime ma vie telle qu’elle est, merci bien.

Réaction 2

Eux: « Je plains ta mère. Elle doit être triste de savoir qu’elle n’aura pas de petits-enfants. »

Moi: C’est vrai. Heureusement, elle est bien meilleure mère que je ne le serai jamais, et elle m’aime malgré tout. En revanche, pour que ça soit bien clair, tu es bien en train de me dire que je devrais avoir des enfants juste pour faire plaisir à ma mère?

Réaction 3

Eux: « Il y aura toujours un vide dans ta vie tant que tu n’auras pas eu d’enfant. »

Moi: Peut-être que c’est le cas pour toi, mais ma vie me convient très bien. J’ai tout ce dont j’ai besoin, presque tout ce dont j’ai envie et je ne manque de rien. Je n’ai pas besoin que d’autres gens, adultes ou enfants, viennent me « combler ».

Réaction 4

Eux: « Mais qui va prendre soin de toi quand tu seras vieille? »

Moi: Vraiment? Sérieusement? Eh bien, c’est simple. Ce sera… moi. Oui, je serai probablement malade un jour et je finirai peut-être par avoir besoin d’aide. Mais faire un enfant en envisageant qu’il pourrait me servir dans mes vieux jours? Non merci.

Réaction 5

Eux: « Mais tu es une femme. Le but même d’une femme est de devenir mère. »

Moi: Donc je ne remplis pas ma fonction si je ne procrée pas? Les mots me manquent.

Le plus ironique avec les commentaires de ce type, c’est qu’ils viennent presque tous d’autres femmes. Et je suis toujours choquée de constater, dans un monde où nous sommes toujours persécutées et traitées comme des inférieures, où nous devons nous battre pour accéder à l’éducation, pouvoir travailler ou voter, que nous ne sommes pas aussi tolérantes ou ouvertes d’esprit que la société aime à nous le faire croire.

Je ne me suis jamais sentie moins bien considérée ni eu l’impression qu’on me traitait différemment au travail en raison de mon sexe. Pourtant, plus d’une fois, j’ai eu la sensation d’être jugée lors de conversations personnelles, parce que j’ai choisi de ne pas avoir d’enfant. Comme si j’avais « manqué à mes devoirs », en ne me sentant pas obligée de faire ce qui paraît si « naturel » à d’autres. Je trouve ça étrange et un peu déprimant.

Ce qui me dérange, c’est qu’on ne se préoccupe pas de ce qui me convient à moi. C’est un paramètre qui n’est jamais pris en compte. Ma vie est parfaite et j’en suis très contente. Je ne veux pas qu’elle change. Ce que je souhaite, en revanche, c’est que ce choix devienne socialement acceptable. Que je sois reconnue pour mes aspirations, pour mes réussites. Pas pour ma capacité à me reproduire. Qu’on admette que le fait d’avoir des ovaires ne constitue pas, en soi, une « raison d’être » ou un accomplissement.

Mon genre seul ne me définit pas. Je ne me limite pas à la somme de mes organes. Je ne critique ni ne sous-estime en rien le travail, le dévouement ou la satisfaction que certaines retirent de la maternité. Tout ce que je demande, c’est que ces femmes respectent que ce ne soit pas ce qui me correspond. Être mère ne pourrait jamais me rendre heureuse.

Cet article, publié à l’origine sur le Huffington Post britannique, a été traduit par Maëlle Gouret pour Fast for Word.

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