Nov 27, 2014 - Mon chemin redessiné    32 Comments

Le tunnel de l’entre-deux

Cela fait déjà plusieurs semaines que je réfléchis à la manière de vous faire partager cet entre-deux mondes dans lequel je me situe qui n’est plus vraiment « celui de la PMA »  et pas encore « celui de l’après PMA ».

Deux mondes qu’il n’est pas toujours facile de faire cohabiter.

Dans cet entre deux-mondes, tout est sombre et froid : le temps s’est arrêté et je marche à l’aveugle.

Il n’y a pas de chemin balisé et le doute est constant, l’on est face à soi-même et à ses peurs qu’il faut affronter.

Winding road : Photo

C’est tellement dur et douloureux ce qui est à traverser que l’on est tenté de se couper du monde de la PMA pour tenter de se préserver et de ne pas souffrir.

Je comprends désormais mieux pourquoi ceux qui sortent de la PMA sans succès ont disparu de la toile…

Mais je ne peux pas faire comme si tout cela n’avait pas existé et mettre de coté ces 10 années de ma vie. La PMA fait partie de moi, de ce que je suis aujourd’hui. Je la revendique même car je n’ai pas à avoir honte d’avoir presque tout essayé et d’osé renoncer.

Ce qui est le plus difficile à vivre c’est ce sentiment d’isolement car je me sens parfois seule dans cette blogosphère à aborder le thème du renoncement et cette sortie possible de la PMA sans enfants. J’espère qu’un jour l’on sera plus nombreux en France à oser parler de cette situation qui fait tant peur et qui n’est pas assez entendue et pas toujours entendable.

D’autant que ce sujet semble questionner, j’ai eu l’occasion de pouvoir participer à une enquête auprès d’étudiantes qui étaient à la recherche de témoignages de personnes qui ont dû arrêter la PMA mais malheureusement elles ont eu très peu de retour.

Dans ce tunnel qui pour l’instant est bien sombre et à des allures de montagnes russes l’avenir semble bien incertain mais je m’accroche à mes rêves et perçois quelques lueurs dans les rencontres et les projets à venir qui vont peut-être me permettre d’avancer et que ce chemin non balisé puisse le devenir…

32 Comments

  • Tu n’es pas seule.
    Je sens, je sais au fond de moi et sans me mentir, que la PMA est terminée pour nous.
    Contrairement à toi et sans doute parce que notre chemin est moins long, je ne dirai jamais que la PMA fait partie de moi. Ce qui fait partie de moi, c’est l’infertilité, c’est ce chemin laborieux, difficile, déroutant pour avoir un enfant.
    J’ai quitté cet entre deux dont tu parles si bien, je me sens sortie du tunnel.
    Je vais moins sur les blogs même si je reste fidèle à certaines, lesquelles d’ailleurs sont enceintes aujourd’hui. Je me réjouis pour elles mais il y a des choses que je n’ai plus envie de lire.
    Je garde un espoir fou et secret… mais je me dois de tourner la page (fortement aidée par ma gynéco je dois dire…)
    Des pensées

    • Je me doute bien que je ne suis pas seule à vivre ce deuil de la maternité mais combien osent en parler sur la blogosphère ? Pas assez à mon gout et c’est dans ce sens là où je me sens seule car j’aimerais plus échanger et partager… Mais je ne désespère pas d’y arriver d’une façon ou d’une autre et en écrivant ce post mon but était justement d’avoir des retours. Des pensées aussi pour toi quelque soit ton chemin

      • Je suis prête à échanger et partager. Avec toi et d’autres. Autour d’un projet, d’un article… peu importe la forme. Car je te rejoins sur le fait qu’il faut oser.
        Joli we

        • Super et avec grand plaisir car cela fait justement partie des projets que j’aimerais mettre en place. A très vite, bises

  • Bien sûr tu dois avancer seule sur ce chemin pour passer à l’étape suivante. Bien-sûr personne ne peut comprendre ce que tu ressens sans l’avoir soi même vécu. Je peux juste te dire qu’on reste là à t’écrire et essayer de te soutenir du mieux que l’on peux.

  • Comme Cloudy, je dirai aussi que tu n’es pas seule. Mais ça ne change pas grand chose au fond, on peut se sentir seul parmi une foule immense.
    Le contact auprès des pmettes est difficile, surtout au début, c’est dur de voir des réussites et tout aussi douloureux de voir les échecs des autres. N’être pas seule n’aide pas à aller mieux, mais à comprendre que ce vide que l’on ressent en nous, dans notre couple, dans notre maison, dans notre quotidien, est « normal » même si j’aime pas ce mot. Cette rage qu’on ressent, ce sentiment d’injustice, est compréhensible, surtout quand ce n’est pas dans notre caractère. On ne se reconnait plus, on a des sentiments jamais connus, et pourtant, ça aussi fera partie de notre vie désormais. De façon temporaire, mais n’est-ce pas une étape nécessaire? Je n’ai pas les réponses, même deux ans après. Comme sur ta photo, le chemin est sinueux, parfois dans l’ombre, parfois avec une éclaircie. Mais il faut bien avancer…
    Ce qu’il n’y a pas sur ta photo, ce sont les petites mains tendues vers toi, invisibles, mais bien là. Ça non plus ça ne changera pas grand chose, mais je voulais juste que tu le saches. Et que je regrette de n’être pas sur Paris pour qu’on puisse discuter…
    Je t’embrasse bien fort…

    • Je pense que l’on est toujours quelque part seul(e) à devoir affronter les épreuves mais ce que je trouve dommage c’est que nous ne sommes pas assez à oser parler de ce sujet et quand j’ai découvert ton blog c’était un soulagement de voir que je n’étais pas seule à être confrontée à la question d’une vie sans enfants (même si dans ton cas il ne s’agit pas du renoncement et que tu n’as pas eu le choix). Les petites mains tendues je les perçois et c’est justement ce qui fait parti des projets à venir… Car je veux justement lutter contre cet isolement et on va la faire cette virée à Paris ou ailleurs 😉 je t’embrasse moi aussi bien fort

  • Que les mains tendues arrivent à te toucher, que t’arrives à t’avancer sur ton chemin, que tes projets avancent et que t’aies plein de retours pour te sentir moins seule sur le blogosphère………..
    je t’embrasse 🙂

  • Je trouve aussi dommage que personne ne parle de l’après. Et je te trouve très courageuse d’en parler. Je te félicite meme. Peut être cela poussera t il certaines à partager leur propre vécu avec toi ? Je l’espère car à plusieurs à vivre la même chose, on se sent moins seule. Des bises.

    • Merci marivalou pour ton soutien, et comme tu le dis si bien j’espère que d’autres personnes viendront partager leur ressenti sur ce chemin différent. Bises

  • Je partage ce que tu écris : trop peu de femmes témoignent quand elles sortent (hélas ) de la Pma sans enfants. Déjà que quand on y est on est dans le flou mais le chemin du deuil…. C’est l’ascension de l’Everest dans le brouillard. Je n’ose imaginer a quel point les montagnes russes sont extrêmes, les repères brouillés, les coups de blues violents…
    Alors merci de continuer à alimenter ce blog et de venir nous parler… Il en faut du courage…. ❤ et oui mille fois, accroche toi à tes rêves…

    • Merci Carotte tes mots me touchent et oui les rêves c’est important dans le brouillard ! J’avais essayé de te mettre un commentaire il y a quelques temps sur un de tes posts mais je suis toujours en attente de validation, je te suis et j’espère que comme tu le dis vous serez très vite parents que ce soit « par la porte, par la fenêtre ou pas la serrure s’il le faut ». Je t’embrasse

      • Ah bon? Je vais chercher j’ai du faire une mauvaise manip.
        Tes mots me touchent a mon tour… Et parce que je suis pres de la sortie, certainement, je me sens proche de ce que tu ecris… Des bisous

        • Je suis peut-être dans tes commentaires »indésirables » 😉

          • Je viens de balayer dans min tel et je ne l’ai pas retrouve. Faudra sue j’aille sur le net. Avec le tel le soucis c’est sue si tu appuie une fraction de seconde en plus sur l’approbation du commentaire ca fait comme si tu n’avais rien fait. Merci la pomme 😂 dis un jour tu nous parleras de tes reves?…

          • Oh que oui je vais en parler des rêves, de ce qui me fait tenir dans ce tunnel. L’atelier des rêves en fait partie et j’imagine beaucoup de belles rencontres, un lieu d’échange et de partage et beaucoup d’amour et de bienveillance…

  • Tu as raison, c’est difficilement entendable.. J’admire ton courage, courage d’avoir été au bout, courage d’en parler.
    Je ne peux imaginer ta douleur aujourd’hui et ce sentiment de solitude qui me fait tant peur aujourd’hui. Tu nous renvoies à ce qui pourrait nous arriver à toutes, et c’est dur de l’accepter.
    Pourtant, ton témoignage est précieux, il nous prouve notamment que tout est surmontable. Je te souhaite sincèrement de vite trouver la fin de cet « entre-deux ». Je sais qu’alors, tu nous prouveras que l’autre monde peut aussi être beau et joyeux.
    Des bises <3

    • Merci mishqui pour tes mots et de vous voir toutes derrière moi c’est un énorme soutien qui me donne envie de m’accrocher et de me battre dans cet autre monde. Je t’embrasse

  • C’est difficile de trouver sa place quand on est dans l’infertilité. Mais les blogs nous aident en partageant nos expériences d’infertiles, face à la vie de tous les jours. Et l’on se shoote avec un espoir à chaque traitement, à chaque fiv. On est une communauté de drogués, pendant nos traitements.
    Lorsque la pma s’arrête, on reste infertile, et donc toujours à part dans notre entourage, mais on n’a plus notre shoot d’espoir. C’est donc dur de trouver sa place, aussi bien sur la toile que dans la vie.
    Nous te comprenons sans te comprendre vraiment sans doute, tant qu’on est dans le combat, on n’est pas dans le deuil. Maintenant, quand on voit le temps que l’on a mis à accepter l’infertilité et à faire le deuil du bébé couette, je pense qu’il faut beaucoup de temps pour faire le deuil de son enfant, celui que l’on attendait et qui n’est pas venu. Les parents qui ont perdu un enfant sont reconnus dans leur douleur. Les parents privés d’enfant, parce qu’ils étaient bien parents dans leur tête mais ils n’ont pu faire venir au monde leur enfant désiré, ne sont pas compris. S’il n’y a pas eu naissance, il n’y a pas eu mort donc pourquoi se plaindre ? A la douleur du deuil d’un enfant s’ajoute la douleur d’être incompris et isolés, sans soutien.
    Nous, on est là pour toi…

    • Oui je pense qu’il faut beaucoup de temps peut-être même une vie pour accepter l’inacceptable, et je ne suis même pas sûre qu’au final on l’accepte mais on doit composer avec ce manque et ce qui nous aide à tenir c’est les échanges, les rencontres et le soutien. Merci les amoureux <3

  • Tu affrontes seule ton deuil mais malheureusement en vrai vous êtes bien trop nombreuses…
    Ton témoignage, celui de chapi chapo, sont extrêmement précieux…
    Même si personne ne devrait avoir à témoigner sur ce type de deuil…
    Des bises

    • Merci miliette et j’espère à très vite en chair et en os !

  • Je comprends ton sentiment de n’appartenir à aucun groupe. Et malheureusement ce cheminement se fait seule.
    Ça ne nous empêche pas d’être là, à te suivre, et à te soutenir <3

    • Oh que oui ça n’empêche pas et suis encore toujours émue de vous voir aussi présentes <3 et cela aide beaucoup dans ce tunnel. Je te souhaite le meilleur à venir avec ton pack de 6 !

  • Bravo de briser le silence du tabou.
    Ce n’est pas facile et j’espère que cela te fait plus de bien qu’autre chose.
    Bisous

    • Merci ILGC, ce post était une manière de continuer à partager ce que je vis avec vous tous (que vous soyez ou non encore en parcours PMA) et j’espère que d’autres personnes vont s’y reconnaître pour venir témoigner de cet autre monde car ce serait bien de briser ce tabou à plusieurs. Je t’embrasse et pense bien à toi pendant cette attente

  • Non tu n’es pas seule.
    Cette traversée du désert, je la vis aussi, mais je pense qu’il est très difficile de faire comprendre à un tiers ce deuil.
    Nous ne pleurons pas un être de chaire, mais une idée. Nous devons changer notre vie qui est à la fois totalement différente mais exactement la même. Seul change notre état d’esprit. Nous passons de « parent peut etre, en attente » à « parent jamais en résignation » mais nous sommes les memes, notre quotidien est sensiblement le même.
    Ce qui change dans ma vie ? La médecine, rdv a caler et autre médicament ne sont plus a mes cotés physiquement et mentalement.

    Mais comment faire comprendre cela ? Rien ne change ! Oublier cet espoir de changement peut paraitre si simple a un tiers…

    Bon ceci dit, pour ma part, comme cela faisait presque un an que je me faisait a l’idée de cette vie sans enfant, la décision de tout arréter a plutot était simple, voir meme un soulagement. Mais je n’ose le crier. Et j’ose encore moins l’écrire sur mon blog… Cela ma parait indigne du parcours des autres, et j’ai peur de répudier nos efforts en avouant cela…

    Quand a la pma et son univers, j’ai du mal a décrocher.. 6 ans intenses de ma vie dans son tourbillon m’a rendu addict. Et j’ai par contre du mal a combler le vide que la pma laisse dans ma vie (je dormais pma, je mangeais pma, je sortais pma, bref ma vue et mon esprit étaient régis par la pma. Encore maintenant, puisque je te réponds 😉

    • Merci de venir témoigner sur ton parcours et je comprends très bien ce vide. Oui cela est très difficile à exprimer et tu vois pour moi la PMA reste et restera présente dans ma vie car je me dis que toutes ces années doivent servir à quelque chose, à témoigner, épauler car il y a trop à faire pour toutes celles et ceux qui passent par ce deuil et qui ne sont pas assez accompagnés. Être plusieurs est une force et on n’a pas à se cacher ni à avoir honte d’arrêter car chacun à ses limites même si je perçois que c’est très culpabilisant parfois d’entendre dire que la PMA et le don marche alors qu’on a presque tout essayé… Je te rejoins sur le fait que cela fait aussi 1 an que je me prépare à cette vie sans enfants ce qui a sûrement aidé à faire cette dernière tentative sereinement sans pression. A très vite et au plaisir de te lire 😉

  • Je m’étais posée la question il y a deux ans environ de ne trouver aucune trace sur la blogo d’ex-PMEttes sans enfants et les réactions sur mon billet avaient effectivement montré que c’était LE sujet tabou. Maintenant, deux ans plus tard, je connais déjà 3 blogueuses dans cette situation, alors je me dis, que la voix de celles qui ont arrêté/renoncé/opté pour une vie sans enfant après avoir tout essayé va se faire de plus en plus présente.
    Biz

  • J’espère qu’en effet on sera plus nombreuses sur la toile mais en même temps j’espère que d’autres n’auront pas à connaître cette situation… Des bises

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