Mar 15, 2014 - -, Mon parcours    26 Comments

+10 ans de galère et aujourd’hui on fait quoi ?

Atteinte d’Endométriose sévère, Insuffisance ovarienne, cellules tueuses et adénomyose. Plus de 10 ans de galère (arrêt de la pilule en 2003) pour essayer d’avoir un enfant avec l’aide de la Procréation Médicalement Assistée en France et avec don d’ovocytes en République Tchèque : arrêt de grossesse, fausse couche, grossesse biochimique.

Fin de la PMA : sans enfant, comment ré-envisager sa vie autrement ? Comment faire le deuil de ce bébé qui n’a pas été à terme. Et de celui qui ne viendra pas…

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Oct 15, 2017 - deuil périnatal    No Comments

Les hommes, grands oubliés du deuil périnatal

En cette journée internationale de deuil périnatal

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je vous propose de découvrir en particulier le témoignage si rare des hommes face à cette épreuve (le thème de discussion 💬 du mois dernier portait justement sur le deuil de la paternité).

« Occupe-toi de ta femme! », s’est fait dire Patrick MacFarlane par une infirmière après que sa conjointe et lui eurent perdu le bébé qu’ils attendaient lors d’une fausse couche. Les hommes sont souvent oubliés dans cette épreuve. Catherine Perrin en discute avec M. MacFarlane, Louis-René Dessureault, dont la conjointe et lui ont également perdu un bébé à 34 semaines, ainsi qu’avec le psychologue Ghassan El Baalbaki.

« Le couple, on l’entoure d’une manière technique », dit Patrick MacFarlane à propos du soutien reçu à l’hôpital. « J’ai été mis de côté tout de suite. J’ai pris le relais, je me suis occupé de ma femme. Ensuite, on nous sort, on nous dit : « Les options sont le curetage ou la pilule », sans trop d’information [en plus]. Qu’est-ce que vous choisissez? Et on retourne chez nous avec une pilule. » Le couple a choisi de rencontrer un psychologue plus tard, mais, à aucun moment, l’hôpital ne lui a offert cette possibilité.
« Ça a été tout aussi froid et sec », raconte Louis-René Dessureault à propos de ce qu’ils ont vécu, sa conjointe et lui. « On arrive devant la préposée, et la pauvre femme n’a aucune idée de ce qu’on vit. Elle dit : « Félicitations pour votre enfant! » Je lui dis aussi bêtement : « Eh ben, il est mort. » Il faut se dégager de ça, rester froid, s’occuper des choses administratives. On nous demande : « Qu’est-ce qu’on fait avec le corps? » « Est-ce que je sais, moi, ce qu’on fait avec un corps de bébé? Je suis dans un no man’s land, il n’y a plus de temps, il n’y a plus de température, il n’y a plus rien. Je veux juste être avec ma femme et reprendre mon petit bébé dans mes bras. »
Ghassan El Baalbaki estime que cette façon de faire relève d’une conception dépassée de l’homme en tant que simple pourvoyeur et responsable du maintien de l’équilibre, mais aussi d’un manque de formation dans les hôpitaux. « Ces personnes-là sont aussi prises au dépourvu. Elles travaillent généralement dans un endroit heureux, où l’on termine la journée avec des gens heureux autour de soi. Elles se trouvent soudainement dans des situations où elles ont elles-mêmes à gérer, quelquefois, leurs propres frustrations, leurs propres difficultés, leurs propres sentiments d’échec. »

Retrouvez leur témoignage sonore ici :

Le deuil périnatal chez les hommes – Discussion


Comment être père dans une vie sans enfant ?

 

 

Découvrez le témoignage précieux de Cyril face au deuil périnatal

Comment s’est de se retrouver dans sa famille, avec ses amis après une telle épreuve de vie ?
Comment vit-tu ta paternité à leurs cotés ?

Je me sens père au fond de moi et avec ma femme, mais je ne me sens pas père avec ma famille, mon entourage… Je pense que pour les personnes, je ne suis pas père, je ne serais père que le jour où j’aurai un enfant vivant. Pour ces personnes j’ai surement été père le temps de la grossesse mais je ne le suis plus aujourd’hui. Quand ma fille est décédée, le sentiment d’être père est parti avec elle. C’est un moment après, peut être 1 an après, je ne sais plus, que je me suis senti père grâce aux souvenirs que j’avais, et solidaire avec la mère de ma fille.

Comment exprimer tes émotions?

Devant quelqu’un, je me retiens parce que je sais que ça met l’autre mal a l’aise. Je m’interdis en quelque sorte de montrer ma tristesse. Je suis émotif avec ma femme car elle seule peut comprendre.

Comment se sentir parent dans une vie sociale et familiale?

Les moments difficiles, on en parle jamais. Encore moins de la mort. Nina est un moment douloureux de notre vie, on en parle donc pas, ni en famille, ni entre amis. Mais moi, je n’ai pas besoin d’en parler. Je n’ai pas besoin de symboliser mon enfant pour penser à elle.

Parfois l’euphorie des parents ou grands-parents autour de l’enfant m’agace, c’est peut lié au fait que moi, je n’ai pas ma fille, je ne sais pas si cet agacement serait présent si Nina avait pu vivre…

Qu’est ce que l’homme en toi vit à travers ce manque ?

Depuis cela, j’ai le sentiment d’être plus ouvert à la vie et aussi à d’autres pratiques.

Le fait d’être mal, vraiment mal, m’a permis d’aller voir des professionnels de la médecine parallèle et de thérapie pour m’en sortir. Ce sont de belles rencontres dont j’ai profité (kinésiologie, thérapie de couple).

J’ai fait un stage résidentiel de thérapie autour de la naissance : j’étais souvent avec Nina, je pensais beaucoup à elle, ça m’a fait du bien de la retrouver. Il y a aussi des moments douloureux quand j’imagine vivre avec elle… il y a des chansons qui me ramène à cela et qui font mal. 2 ans et demi après, elle me manque toujours…

http://hesperanges17.fr/2014/10/09/lexperience-cyril/


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